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Du Zero Waste au Zéro déchet zéro gaspillage

La démarche Zero Waste adopte le principe du zéro gaspillage pour tendre vers le zéro déchet. La priorité est donc donnée à la réduction des déchets à la source et à la réorganisation de leur gestion afin de préserver au mieux les ressources du territoire concerné.

S’il est difficile de transposer la méthodologie utilisée pour un territoire donné à un autre, de grands types d’actions se dégagent néanmoins. Ils peuvent être regroupés en trois principes proches des « 3R » (Réduire, Réutiliser, Recycler) et des fondements de l’économie circulaire :

  • Eviter le gaspillage de ressources en concevant des produits durables
  • Allonger la durée de vie et d’usage des biens
  • Préserver la matière

La dimension collective, participative et sociale peut également être considérée comme un 4e principe. Une démarche Zero Waste est un projet de territoire qui doit être porté par l’ensemble de la communauté locale, au sein de laquelle le citoyen a un rôle clé.

La démarche Zero Waste est ici présentée au travers de deux exemples : San Francisco aux Etats-Unis et Capannori en Italie. Ces retours d’expérience présentent l’origine du projet, les étapes clés de la démarche ainsi que les résultats obtenus.

San Francisco, vers une valorisation totale ?

A San Francisco, la démarche Zero Waste a été initiée par l’instauration en 1989 d’une loi de l’Etat californien (The Integrated Waste Management Act) qui demandait aux communes et districts de réduire de 25% la quantité de déchets non valorisés avant 1995, et de 50% avant 2000. Au cours des deux dernières décennies, San Francisco a répondu à cette exigence au travers de plusieurs décrets ciblés sur différents secteurs du cycle des déchets.

Ce cadre réglementaire diffère de celui de la France, qui est fixé par l’Etat en accord avec la directive européenne.

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* Initié en 1999, le programme Fantastic 3 utilise des containers noirs, bleus et verts respectivement pour les déchets non recyclables, le recyclable et le compostable. Les entreprises et les particuliers séparent les déchets, et la collecte est effectuée en porte à porte.

A San Francisco, de 2001 à 2005, le taux de valorisation est passé de 42 % à 60 %. En mai 2013, la ville a annoncé avoir réduit de 80 % les tonnages d’ordures dirigés vers les centres d’enfouissement.

Les résultats présentés par San Francisco en termes de taux de valorisation sont très encourageants. Ils dépendent toutefois de ce que qui est considéré comme « déchets valorisés ». En la matière, la législation californienne se distingue de celle de la plupart des Etats américains, et de celle de l’Europe. Elle prend en compte non seulement les déchets produits par la ville, mais aussi les matériaux de construction et de démolition. San Francisco inclut, par exemple, dans les déchets recyclés des gravats qui seront réutilisés pour recouvrir les routes, et des déblais répandus sur les détritus pour en limiter les odeurs.

En corrigeant les chiffres avancés par les pouvoirs publics locaux, le taux de recyclage de San Francisco s’approcherait plutôt des 60%.

Capannori, le choix de la prévention

En 1997, les habitants de Capannori se sont mobilisés afin de proposer une solution alternative à la construction d’un incinérateur sur leur territoire. Leur objectif était d’éviter la construction d’une installation de traitement, en réduisant drastiquement les déchets produits par la ville et ses concitoyens.

Construite autour d’un objectif commun, la démarche présentée ci-dessous bénéficie d’une mobilisation collective, participative et sociale.

Campa

Depuis 2010, Capannori affiche un taux de valorisation des déchets de plus de 80%. Entre 2004 et 2010, le recyclage des déchets a été multiplié par deux et la quantité de déchets produits par habitant a diminué de près de 40%.

La quantité totale de déchets par habitant a été ramenée de 672 kg en 2006 à 532 kg en 2009, tandis que le taux de déchets non-triés par habitant a considérablement diminué de 340 kg en 2006 à 152 kg en 2009.

Et la France ?

De nombreuses municipalités ont mis en place des actions similaires à la démarche Zero Waste, sous des formes différentes. Depuis 2012, les collectivités compétentes en gestion des déchets avaient l’obligation de mettre en place un programme de prévention des déchets sur leur territoire. Si beaucoup n’avaient pas attendu cette obligation pour se lancer, la majorité des collectivités n’avait pas pour autant sauté le pas.

La Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV), adoptée en août 2015, va plus loin dans son volet « économie circulaire »  en intégrant une politique de prévention et de gestion des déchets visant à lutter contre le gaspillage, favorisant la réutilisation et maximisant le recyclage et la valorisation matière.

Levier de mobilisation des territoires sur ces sujets, l’appel à projet « territoires zéro déchet, zéro gaspillage » (ZDZG) a pour objectif d’accompagner les collectivités volontaires dans une démarche exemplaire et participative de promotion de l’économie circulaire. Cet appel à projet vise à sélectionner des projets de territoires innovants, portés par l’ensemble des acteurs locaux (associations, entreprises, citoyens, …).

Les retours d’expérience de San Francisco et Capannori montrent que de nombreux leviers à la réduction de la production de déchets peuvent être mobilisés pour atteindre les objectifs ambitieux qui se posent aux collectivités françaises. L’extension des consignes de tri, la prévention, le tri à la source sont autant de « bonnes pratiques » valorisables dans les démarches ZDZG.

 

 

 

 

 

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